Un blackout réseau est une interruption inattendue des communications numériques, incluant Internet, la téléphonie mobile et le Cloud. Il peut résulter d’un incident physique, d’une erreur technique, d’une cyberattaque ou d’une décision politique. Dans un environnement informatique interconnecté, une telle panne peut provoquer un effet domino sur des services essentiels.
Est‑ce évitable ?
Dans le monde numérique actuel, aucun risque ne peut être éliminé à 100 %. En revanche, s’il est difficile d’empêcher totalement un blackout réseau, il est possible d’en réduire la probabilité et d’accélérer le rétablissement des services grâce à des pratiques de résilience technique et une préparation organisationnelle.

En février 2024, une erreur de modification chez le fournisseur téléphonique américain AT&T a entraîné la désactivation de millions d’appareils et bloqué plus de 92 millions d’appels pendant près de 12 heures. D’autres incidents majeurs comme celui de Rogers en 2022 rappellent qu’une simple opération de maintenance ou la suppression d’un filtre peut gravement perturber les réseaux.

Sans électricité, les équipements de télécoms (routeurs, datacenters, stations mobiles) sont hors service. Les coupures majeures, comme après l'ouragan Maria à Porto Rico en 2017, démontrent que le manque d’énergie complique l’accès et la restauration des réseaux.

Se reposer sur un seul fournisseur accroît le risque d’incidents majeurs : par exemple, la panne Fastly aux Etats-Unis en juin 2021 a paralysé 85 % de son réseau et de nombreux grands sites Américains.

En octobre 2021, une maintenance chez Meta a retiré les BGP (Border Gateway Protocol) vers les systèmes de nom de domaine, rendant ses plateformes indisponibles plusieurs heures.

En mars 2024, au large d’Abidjan, plusieurs câbles endommagés ont affecté 13 pays d’Afrique de l’Ouest, nécessitant un reroutage temporaire puis des réparations. À Tonga, en janvier 2022, une éruption a coupé le seul câble du pays, obligeant l’archipel à passer au satellite avant réparation.

Les attaques DDoS volumineuses peuvent saturer des services critiques comme les Systèmes de Nom de Domaine ou les Réseaux de Diffusion de Contenu, entraînant une indisponibilité généralisée.
Un blackout réseau a des répercussions rapides et durables sur les entreprises, affectant l’opérationnel, le financier, le juridique et le stratégique.
La production, les ventes et les services deviennent indisponibles, suspendant les opérations clés et les workflows dépendants du numérique.
Les revenus s’évaporent pendant l’arrêt, tandis que les coûts de remédiation, de support et d’heures supplémentaires s’accumulent.
Conséquence fréquente lors d’arrêts brutaux : Transactions incomplètes, bases de données corrompues, perte de logs ou de preuves, désynchronisation entre systèmes.
Les obligations réglementaires et accords de niveau de service non tenus exposent à des pénalités, enquêtes et recours.
Souvent invisible mais très réel : équipes incapables de travailler, la communication interne dégradée (mail, VoIP, messageries), les décisions retardées ou mal informées, épuisement des équipes SI et métiers.
Ces dernières années, des pannes majeures, comme le glissement de terrain sous-marin à Abidjan, ont pu être résolues grâce à la diversification des itinéraires, à la gestion rigoureuse des changements et à l’élaboration de plans de communication qui fonctionnent sans Internet.
Un blackout réseau n’est pas une fatalité. Avec une bonne stratégie combinant cybersécurité, gouvernance, et résilience technique, les entreprises peuvent réduire drastiquement ce risque.
Sources : Federal Communications Commission, Cloudflare, Radio Canada, CNBC, Fastly, Abidjan net, France Info